Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

13/10/2015

Jalhay-Sart.Les jeunes patrons se dévoilent.

 

 C'est au cœur du village de Solwaster, dans le cadre de la série: " Les jeunes patrons de Jalhay-Sart se dévoilent " que Damien Servais nous attend  pour parler de son métier et de ses passions

 

JP. Damien Servais pouvez-vous vous présenter?

 

J'ai 40 ans, je suis carrossier  à Solwaster. Originaire de Spa j'ai épousé Isabelle Dohogne native du village. Nous avons 4 enfants.

 

JP. Devenir carrossier, un rêve d'adolescent ?

 

Pas précisément , mon rêve premier était d'exercer une activité professionnelle  indépendante ayant pour cadre  la nature et les chevaux.

 

JP. Ce rêve s'est- il concrétisé?

 

Oui pleinement, mais après bien des tâtonnements.

 

JP. Des tâtonnements? Pouvez- vous préciser?  

 

Après les classes primaires effectuées  à Spa je suis entré à l'Institut Provincial d'Enseignement Agronomique de La Reid en technique de transition plus précisément. Au cours de ces années j'ai manifesté une profonde répulsion pour l'étude alors que paradoxalement j'avais de bonnes notes.

Cette facilité à étudier ravissait mes  parents.  Personnellement comme je l'ai expliqué mon seul objectif était d'avoir un job indépendant acquis sans études avec pour compagnie, des chevaux et un maximum de nature  

 

JP.J'imagine que vous en avez parlé à vos parents?

 

Oui et un compromis a été trouvé . A l'âge de 18 ans je me suis lancé dans  des études de garde- forestier imaginant pouvoir me déplacer à cheval pour surveiller la forêt.

 A l'évidence , c'était là une erreur.

 

JP. Comment êtes- vous sorti de cette impasse?

 

Pour adoucir l'épreuve de ce nouveau cycle d' études dans lequel je m'étais engagé, j'ai suivi en parallèle, en cours du soir, une formation de soudeur.

 A l'époque cette formation était réservée exclusivement aux fils d'agriculteurs.

 

JP. Vos parents étaient agriculteurs?

 

Non, je me suis inscrit sous un faux nom. Celui d'un grand- oncle agriculteur.

 Cette formation a été pour moi une véritable révélation et une certitude tout à la fois:  

 Je serai indépendant exerçant un métier manuel.

 

JP.A la sortie de vos études, vous avez 20 ans et pas de métier en perspective !

 

Effectivement c'est pour cette raison que je suis entré comme  apprenti ( 4 ans) au sein d'une carrosserie située rue des Alliés à Verviers. J'ai été à cette époque le plus vieil apprenti de l'arrondissement! L'apprentissage terminé je suis passé stagiaire( 2 ans) tout en suivant des cours du soir pour accéder au patronat.

 

JP. Quelles étaient vos relations avec votre patron?

 

Excellentes ! Il me considérait comme son fils. Il m'a appris tout sur le métier . L'heure de la retraite ayant sonné pour lui, il m'a proposé de reprendre son affaire. Cette offre je l'ai acceptée avec enthousiasme et reconnaissance.

 Toutefois l'atmosphère se détériorant fortement à Verviers j'ai été soulagé de pouvoir  quitter cette ville dès qu'un bail de location qui me liait à la carrosserie s'achevait.

 

Pour vous établir à Solwaster?

 

JP. Effectivement. Nous avons acquis ma femme et moi une ferme à Solwaster  en 1996 et construit tout à côté un atelier de carrosserie en 2010. Mon rêve s'accomplissait. Je pouvais travailler au cœur d'un village rural avec une école primaire située à deux pas de chez nous et enfin  la possibilité d'accueillir des chevaux d'attelage dans  notre ferme.

 

JP. Comment s'est passée votre intégration dans le village?

 

Au début de mon installation, j'avais l'impression que l'on me regardait un peu de travers. N'étais-je pas ce Spadois pas doué pour les études qui leur avait "piqué" une de leurs filles?

 

JP. Comment avez-vous gommé cette image?

 

Mon beau -père Raymond Dohogne m'a suggéré à l'époque d'intégrer le comité des fêtes du village pour participer et y travailler. Dès cet instant j'ai été bien accepté.

 Je suis également l'organisateur du Rallye du Muguet où participent annuellement , à Solwaster, pas moins de 40 attelages de chevaux.

 

https://www.facebook.com/events/986966407991033/

 

JP. Une carrosserie implantée dans un petit village excentré ne constitue-t- il pas un handicap en terme de visibilité?

 

Absolument pas j'ai une clientèle fidèle et fort diversifiée. Ma meilleure publicité est le bouche à oreille. Outre les activités relevant de la carrosserie, j'assure la vente et le montage de pneus, j'effectue également des constructions métalliques , des voitures d'attelage hors standard sans oublier la restauration de voitures anciennes.

 

JP. Vous avez beaucoup de qualités c'est une évidence. Néanmoins vous reconnaissez-vous un petit défaut, un point améliorable ?

 

Attacher peut être plus d'importance à l'ordre de mon atelier et de ses abords

 

JP. Puis-je publier ce passage?

 

Si vous y tenez. Toute vérité est bonne à dire.

 

JP. Avant de nous séparer, avez-vous une anecdote à me raconter ?

 

Un jour j'ai accepté , dans des délais très courts, une mise en peinture complète d'un petit train touristique se composant de 3 locomotives et 6 wagons. Un travail important  faut -il le dire. Or, me voilà victime d'un accident de santé me contraignant à m'aliter. Travaillant seul c'était là une véritable catastrophe. Fort heureusement, mon épouse, nos enfants, les membres de notre famille se mobilisèrent pour nettoyer, décaper, poncer le matériel. De nouveau sur pied j'ai pu entreprendre les opérations de peinture et de finition tout en respectant les délais à la satisfaction de mon client.

 

"A la satisfaction de mon client" Cette phrase est souvent formulée par les jeunes patrons que je rencontre. Elle contribue  à l'excellente réputation et au dynamisme de notre commune si formidable . Mais cela, tant à Sart qu' à Jalhay , nous le savions déjà.  

 

jean pirnay à Surister

 

Bientôt, retour à  Jalhay, plus précisément à Fouir, pour une nouvelle rencontre avec un jeune patron .

 

damien servais.jpg

Damien Servais à la manœuvre