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19/06/2015

Jalhay -Sart. Des testicules de sanglier à l'origine de la vitalité d'un Jalhaytois.

 

La forêt et les fagnes font partie intégrante de l'identité culturelle des Jalhaytois et des Sartois.

 Il n'est donc pas étonnant que nos élus en parlent avec passion lors des conseils communaux.

 Aujourd'hui nous évoquerons :

 La remise du titre de Doyen d'honneur et Lauréat du travail à un Jalhaytois au parcours hors du commun .                                                                                                                                  L'ouverture inespérée de la barrière forestière Sagehomme au Moulin de Dison.

 Dès lundi prochain une nouvelle note :

 La commune rurale de Jalhay-Sart bientôt sous l'emprise du centre Culturel de la ville de Spa !

 

 

 

 A l'occasion du conseil communal du 26 mai  Michel Fransolet, notre chef à tous, a remis le titre de Doyen d'honneur et de lauréat du travail au Jalhaytois Philippe Roussel.

 

Nous avons rencontré le lauréat, un homme hors du commun, quelques jours après la cérémonie. C'est dans la maison forestière située à Beuleu tout à côté de chez "Marie -Thérèse" que nous avons été reçus .

 

Mais avant de poursuivre, un mot à propos du discours prononcé par notre Rissèré à l'occasion de la remise des titres honorifiques

 

Nous avons été surpris par l'aisance et l'humour du bourgmestre.

 

Il est loin le temps où, lorsqu'il devait prendre la parole son visage s'empourprait tant les effort étaient importants pour sortir les mots de la bouche.

 

Pour utiliser une image impertinente, nous le comparions, lorsqu'il s'exprimait avec tant de difficultés, à un constipé se faisant violence pour se dégager .

 

Voilà qui explique l'origine du sobriquet wallon Rissèré attribué à Michel Fransolet.

 

Cette petite digression faite, revenons auprès de notre interlocuteur.

 

 JP. Philippe Rousselle pouvez-vous vous présenter?

 

PR. Agent du service public de Wallonie à la division Nature et Forêts, je suis âgé de 53 ans.

 

JP. D’où êtes vous originaire et quel a été votre cursus scolaire?

 

PR.  De Louveigné  où j'ai fréquenté l'école primaire du village. Ensuite cela a été l'Athénéeroyald'Aywaille pendant une période de trois ans  pour achever mon parcours secondaire à l'Institut IPEA de La Reid. Au terme de ces études j'ai obtenu mon passeport de bonheur. (Agent technique de la nature et des forêts)

 

JP. Passeport de bonheur?

 

PR. Et bien oui ,depuis l'âge de 12 ans, je savais que ma destinée était de vivre  et de travailler au contact de la nature. Ce diplôme en poche avait donc une valeur de passeport de bonheur qui s'est poursuivi en étant affecté ici à Jalhay.

 

JP. Dans son allocution notre Rissèré a souligné que votre diplôme a été obtenu à l'âge de 19 ans et, d'ajouter amusé, que cela est très précoce!

 

PR. (Rires). Il se fait que la dernière année de mes études, j'ai fait l'école buissonnière pour photographier et observer les animaux. Ce régime peu propice à l'étude m'a valu évidemment un gros souci aux examens!

 

JP. Avant de laisser nos lecteurs découvrir  le contenu du discours  qui  résume  votre étonnant parcours  professionnel, pouvez vous nous raconter, vous n'y échapperez pas, une histoire de braconnier?

 

PH. Il y en a beaucoup mais cette fois ce sera une aventure locale se terminant dans un grand  fou rire .

 

 Un jour j'avais remarqué un chevreuil abattu et dissimulé le long d'une clôture délimitant une prairie située à proximité de la ferme-château Sagehomme. Les pattes avant étaient disposées de façon telle que la bête pouvait être saisie rapidement pour le chargement .Avec ma brigade nous nous sommes camouflés avec pour objectif de mettre la main sur le braconnier . L'attente ne fut pas bien longue. En effet nous avons aperçu un homme qui marchait le long de la clôture outils en main . Arrivé à hauteur de la carcasse il marqua une pause, semble surpris, s'agenouilla pour mieux observer et saisit une patte .

 

Les conditions du flagrant délit étaient réunies. Toute la brigade lui tombe dessus et bascule l'homme à la renverse. Stupeur, il s'agissait non pas d'un braconnier mais bien de l'exploitant de la prairie  Francis Filot un agriculteur honorablement connu dans la commune qui réparait simplement ses clôtures.

 

JP. Garde- chasse est -il un métier dangereux?

 

PR. Pas vraiment, tout au plus des désagréments. Je peux citer les pneus de mon véhicule tailladés ou encore la peau d'une biche suspendue au fil du séchoir à linge de la maison.

 

JP. Pour avoir pendant tant d'années sillonné de long et en large notre commune, quelle vision en avez-vous?

 

PR. Et bien n'ayons pas peur des mots, c'est l'endroit le plus magnifique qu'il m'ait été donné de voir …   

 

Le discours du Rissèré.

 

   Ce soir nous mettons à l'honneur Monsieur Philippe Rouselle à qui SM le Roi a octroyé le tire de Doyen d'honneur et Lauréat du Travail.

 

Depuis peu, il existe des nouvelles procédures de sélection et ces distinctions honorifiques et labels professionnels sont attribués après une procédure de sélection minutieuse qui évalue les candidats sur leurs compétences professionnelles et leur engagement social.

 

Il fit ses études en sylviculture à l'école d'agronomie de la Reid où il obtint le certificat d'accès à la carrière de Garde Forestier à l'âge de 19 ans ( il paraît que c'est précoce)

 

Après son service militaire chez les para- commandos en tant que tireur d'élite ,il travailla de nombreuses années en tant que bûcheron et fut nommé Garde Forestier à Jalhay le premier mars 1989.

 

Plus tard, il prit des pauses dans sa carrière de forestier car il avait comme projet de créer un relais de chasse au Québec. Pour ce faire, il a même obtenu son brevet de pilote d'hydravion ( et en un temps record: 27 jours). De ses expériences, il a notamment ramené de beaux films qu'il a présentés dans notre région avec son ami , chef d'une tribu indienne.

 

 En plus de son rôle majeur dans les chasses de la Couronne en Hertogenwald     ( où il est le guide de chasse le plus expérimenté du pays) il exerce actuellement les responsabilités de moniteur de tir et de missions de police au sein de l'administration forestière.

 

Toujours en mouvement , il soigne ses abeilles, élève des escargots, suit des cours d'œnologie , cuisine des plats savants à base de produits sauvages comme les testicules de sangliers!

 

Il est papa de deux garçons et avec son épouse il exploite des chambres d'hôtes à Solwaster et restaure une ancienne corderie dans le sud-ouest de la France.

 

 La barrière Sagehomme ouverte au moulin de Dison

 

 Dans une note précédente nous avions relaté le débat houleux à propos de la barrière Sagehomme barrant durant des décennies   un chemin communal au Moulin de Dison.

 

Grâce au travail remarquable de la CLDR ( Commission locale de développement rural) et la détermination du Rissèré cette barrière a été ouverte ( provisoirement) par la famille Sagehomme le 16 juin.

  Provisoirement en effet car il y aura probablement des recours…

 

jean pirnay

Gentil persifleur à Jalhay Sart. 

 

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 La maison forestière construite en bois de mélèze des fondations aux tuiles

C'est  là que les testicules de sanglier sont consommées.

 

 

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La sinistre barrière s'efface...

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La voie est libre aux promeneurs

 

 

 

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